La Belgique va restituer les œuvres à la RDC
Culture
le 17/02/2022 à 13h00

C’était au cours de la visite du musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, par les premiers ministres congolais et belge.
Thomas Dermine a proposé la mise sur pied d’une commission paritaire mixte composée de scientifiques qui pourrait être saisie de demandes de restitutions d’œuvres d'arts de la part de la RDC.
Rendre les œuvres d’art dérobés dans le passé est depuis longtemps le cheval de bataille de l’Afrique, c’était aussi le principal sujet du premier rendez-vous entre Jean-Michel Sama Lukonde et Alexander De Croo (photo).
Un inventaire de ces œuvres a été remis au premier ministre congolais.
De musée colonial à établissement scientifique
Cet établissement scientifique libéral situé dans la périphérie de Bruxelles a vu le jour en 1898 quand la section coloniale de l’exposition universelle de Bruxelles s’est établie à Bruxelles, a beaucoup évolué depuis.
Selon Guido Gryseels, le directeur général du musée royal, 70% des collections de son musée viennent de la RDC et son musée a radicalement changé sa façon de travailler.
« On a commencé comme musée colonial et vous savez que le colonialisme c’est un système de gouvernement qui est basé sur la pression militaire et sur l’exploitation des richesses. Aujourd’hui, nous sommes multi dimensionnels, dans l’exposition des œuvres mais aussi dans les recherches. Nous recevons ici des experts africains et congolais avec qui nous faisons de la co création dans la façon que nous gérons la collection. Nous travaillons en partenariat avec beaucoup d’institutions congolaises ».
La mémoire des anciennes colonies belge est ici, y compris les recherches dans les mines et autres secteurs stratégiques de la RDC est ici en Belgique.
« Notre pays est prêt à partager ce patrimoine, nous sommes en cours de numérisation de nombreux documents (cartes, photos, œuvres d’art, etc…) », précise Guido Gryseels.
Le Congo n'a pas les moyens de la recherche
Des doctorants, dont des congolais séjournent régulièrement dans son établissement, c'est notamment le cas du professeur Boshe Katembo Manda de l’université de Lubumbashi.
« Je fais ma thèse de doctorat dans l’étude des poissons. Je suis venu ici pour étudier les collections historiques que les belges avaient faites. La plus grande collection de poissons du Congose trouve ici, il y a même des races qui ont disparu dans notre pays ».
Faute de financements au pays, il ne peut pas y faire ce genre d’études.
« J’ai reçu jusqu’à 12.000 dollars d’échantillonnage par an pour réaliser mes études, le Congo ne donne pas ces moyens », regrette le professeur à la faculté d’agronomie de l’UNILU.